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Comment choisir un chaumard : critères selon le bateau et l’amarre

Rôle du chaumard et impact sur la sécurité du mouillage

Le chaumard est souvent perçu comme un simple accessoire, pourtant il joue un rôle central dans la sécurité de l’amarrage et du mouillage. Bien choisi et bien positionné, un chaumard nautique protège les aussières, répartit les efforts sur la coque et évite les frottements dangereux sur le gelcoat ou l’inox environnant.

Un chaumard guide l’amarre entre le quai, le ponton ou la bouée et les taquets du bateau. Il maintient la corde dans un axe précis afin de limiter l’angle de traction et de réduire les points de friction. Sans ce dispositif, l’amarre travaille mal, s’use plus vite et peut même endommager les listons, mains courantes ou chandeliers.

Sur un voilier, le chaumard participe aussi à la stabilité au mouillage. Une ligne qui glisse ou frotte excessivement peut provoquer du roulis supplémentaire et des chocs brusques. Sur un bateau à moteur, le risque principal reste la dégradation prématurée des amarres et la déformation de certains points d’ancrage si la traction n’est pas correctement guidée.

Comprendre ces enjeux permet de mieux définir les critères de choix, en fonction du type de bateau, du programme de navigation et du diamètre des cordages utilisés.

Choisir un chaumard adapté au type de bateau

Chaumards pour petits bateaux et semi-rigides

Pour les annexes, petits bateaux open ou semi-rigides, le chaumard doit rester compact et léger. L’espace à bord étant limité, on privilégie des modèles à encastrer ou de petite taille, souvent en inox ou en plastique renforcé. L’objectif est d’offrir un guidage correct de l’amarre sans multiplier les obstacles sur le pont.

Sur ce type d’unité, les contraintes mécaniques sont généralement plus faibles, mais les conditions d’utilisation peuvent être très fréquentes. Il est donc judicieux de choisir un chaumard résistant aux UV et aux chocs, surtout si le bateau reste à l’extérieur toute l’année.

Chaumards pour voiliers de croisière

Les voiliers de croisière subissent des efforts importants, notamment au mouillage ou lors des manœuvres au port par vent soutenu. Les chaumards doivent permettre un guidage fluide des aussières tout en respectant les points d’amarrage du pont. La plupart des propriétaires optent pour des modèles en inox poli, encastrés dans le plat-bord ou installés en bordure de pont.

Sur un voilier, il faut tenir compte de la présence des rails de fargue, chandeliers, embases de balcons et winchs. Un bon positionnement du chaumard permet d’éviter que l’amarre ne se coince dans ces éléments. Certains navigateurs préfèrent des chaumards à rouleaux pour diminuer encore plus le frottement, notamment lorsque le bateau bouge beaucoup au mouillage.

Chaumards pour bateaux à moteur habitables

Les bateaux à moteur de type vedettes, trawlers ou flybridges nécessitent des chaumards capables de supporter des efforts élevés lors des manœuvres de port. Le poids du bateau, l’inertie à l’approche du quai et la hauteur de franc-bord accentuent les sollicitations sur les aussières et donc sur les chaumards.

Dans ce cas, on choisira plutôt des chaumards de forte section, avec une ouverture suffisante pour des aussières de gros diamètre, voire des lignes avec cosse-cœur. Les modèles fermés, de type chaumards à écubier, sont fréquents sur ces bateaux, car ils empêchent l’amarre de sortir de son logement lorsque le bateau bouge.

Matériaux de chaumards et résistance à l’environnement marin

Inox, aluminium, laiton et plastiques renforcés

Le premier critère de durabilité concerne la résistance à la corrosion. En environnement marin, les projections d’eau de mer, le sel et les UV mettent à rude épreuve les métaux et les plastiques ordinaires. Les principaux matériaux utilisés pour les chaumards sont les suivants.

  • Inox très répandu pour son excellente tenue en milieu salin et son aspect esthétique
  • Aluminium anodisé plus léger, intéressant pour les unités orientées performance
  • Laiton ou bronze souvent utilisés sur les bateaux classiques ou de style traditionnel
  • Plastiques techniques comme le polyamide renforcé ou le composite, légers et résistants aux UV

L’inox 316L reste une référence dès que l’on recherche une longue durée de vie et une meilleure résistance à la corrosion caverneuse. L’aluminium, lui, doit être bien protégé par une anodisation de qualité pour éviter la corrosion galvanique au contact d’autres métaux.

Qualité de finition et usure des amarres

Au-delà du matériau, la qualité de finition du chaumard a un impact direct sur l’usure des cordages. Les arêtes vives, soudures mal polies ou surfaces rugueuses créent des points d’accrochage qui abîment rapidement l’âme et la gaine des amarres.

Il est recommandé d’inspecter les points suivants lors de l’achat ou de la pose de nouveaux chaumards

  • Polissage soigné de toutes les zones en contact avec l’amarre
  • Absence de bavures ou de défauts de moulage
  • Surface suffisamment large pour répartir les efforts
  • Rayon de courbure adapté au diamètre de la corde

Un chaumard bien fini permet de prolonger sensiblement la durée de vie des aussières, surtout sur les bateaux qui restent longtemps au ponton ou au mouillage.

Dimensions, formes et compatibilité avec l’amarre

Choisir la bonne ouverture selon le diamètre de l’amarre

Le dimensionnement est un point souvent sous-estimé. Un chaumard trop petit force l’amarre à se comprimer et à frotter excessivement, tandis qu’un modèle trop grand laisse la ligne se déplacer de manière incontrôlée. Il faut donc adapter la taille du chaumard au diamètre et au type de l’amarre.

Quelques repères utiles

  • Petit bateau de moins de 6 m aussières de 8 à 10 mm chaumard compact à petite ouverture
  • Voilier ou vedette de 7 à 10 m aussières de 12 à 14 mm ouverture moyenne, permettant un passage fluide
  • Bateau de 11 à 14 m aussières de 16 à 18 mm chaumard large, souvent renforcé

Lorsque l’on utilise des épissures avec cosse-cœur ou des manilles de mouillage, il convient également de vérifier que tous les éléments passent aisément dans le chaumard, sans forcer.

Formes de chaumards et orientation des efforts

On distingue plusieurs formes principales de chaumards, chacune ayant ses avantages selon l’orientation des efforts et la configuration du bateau.

  • Chaumard droit adapté aux amarres travaillant dans un axe quasi rectiligne entre quai et taquet
  • Chaumard oblong ou en U offrant un guidage plus polyvalent pour différentes orientations d’amarres
  • Chaumard à rouleaux réduisant les frottements, utile lorsque les mouvements sont importants
  • Chaumard fermé ou à écubier empêchant la sortie accidentelle de l’amarre

Le choix se fait en fonction du schéma d’amarrage habituel du bateau. Par exemple, un voilier utilisant des amarres en croix nécessitera des chaumards capables de gérer des angles prononcés entre le quai et les taquets avant ou arrière.

Compatibilité avec les différents types d’amarres

Les amarres peuvent être en polyamide, polyester, polypropylène ou en mélanges plus techniques. Le polyamide, légèrement élastique, absorbe bien les chocs mais peut s’échauffer plus vite au contact de surfaces abrasives. Le polyester, plus stable, résiste mieux à l’abrasion mais se déforme moins.

Type d’amarre Caractéristique principale Recommandation de chaumard
Polyamide tressé Élasticité et absorption des chocs Chaumard bien poli, rayon de courbure généreux
Polyester Stabilité dimensionnelle Chaumard robuste, attention aux angles vifs
Polypropylène Légèreté, flottabilité Chaumard évitant tout pincement de la gaine
Cordage mixte ou haute performance Résistance élevée Chaumard à finition irréprochable, éventuellement à rouleaux

Pose, entretien et bonnes pratiques d’utilisation

Positionnement des chaumards sur la coque

Le meilleur chaumard perd son efficacité s’il est mal positionné. La pose doit tenir compte de la hauteur de quai habituelle, de la forme de la coque et de la répartition des points d’amarrage existants. L’objectif est de créer une ligne de traction aussi rectiligne que possible entre le quai et le taquet, tout en évitant les obstacles.

Quelques principes simples permettent d’optimiser cette installation

  • Aligner le chaumard avec le taquet correspondant pour limiter les coudes dans l’amarre
  • Installer des chaumards à l’avant, à l’arrière et éventuellement au maître-bau pour gérer toutes les configurations
  • Vérifier que l’amarre ne frotte ni sur le liston ni sur les chandeliers
  • Prévoir des renforts ou contreplaques sous le pont pour les bateaux lourds

Entretien régulier et contrôle visuel

Un entretien simple mais régulier garantit la longévité des chaumards et la sécurité de l’amarrage. Il consiste principalement à nettoyer, inspecter et protéger les surfaces en contact avec les aussières.

  • Rinçage à l’eau douce pour éliminer le sel et les résidus
  • Vérification de l’absence de jeu ou de fissures au niveau de la fixation
  • Contrôle des soudures et des zones polies
  • Application éventuelle d’un produit protecteur spécifique à l’inox ou à l’aluminium

Au moindre doute sur une fissure, une déformation ou un point de corrosion avancé, il est préférable de remplacer le chaumard. La rupture d’un élément de guidage au plus mauvais moment peut entraîner la casse d’une amarre et un contact brutal avec le quai.

Optimiser le couple bateau chaumard amarre

Pour finir, il est utile de considérer l’ensemble bateau chaumard amarre comme un système cohérent. La résistance de chaque élément doit être en adéquation avec le tonnage du bateau, la longueur hors-tout et les conditions de navigation prévues. Une aussière surdimensionnée dans un chaumard trop petit, ou l’inverse, crée des points faibles.

En pratique, choisir un chaumard adapté consiste à

  • Évaluer honnêtement le poids et l’usage réel du bateau
  • Adapter le diamètre des amarres à cette réalité
  • Sélectionner des chaumards en conséquence, avec un bon compromis entre dimension, forme et matériau
  • Vérifier régulièrement le comportement de l’ensemble lors des coups de vent au port ou au mouillage

En prenant le temps d’analyser ces critères avant l’achat, amateurs comme professionnels disposent d’un système d’amarrage plus fiable, plus durable et plus sécurisant, quel que soit le type de bateau ou le plan d’eau fréquenté.