Ouest Accastillage

Que dit la division 240 sur les garde-corps et filieres ?

Comprendre la division 240 appliquée aux garde-corps et filières

La division 240 encadre de manière précise la sécurité à bord des navires de plaisance professionnels ou en exploitation commerciale. Elle impose notamment des exigences strictes pour les garde-corps, filières, chandeliers et accessoires associés, afin de réduire les risques de chute à la mer. Pour choisir une main cournate marine ou une filière conforme, il est indispensable de comprendre les grandes lignes de ce texte réglementaire et son impact concret sur l’accastillage.

Cette réglementation concerne principalement les navires de moins de 24 mètres utilisés à des fins commerciales comme les bateaux de promenade à passagers, de location, d’école de voile ou de plongée. Les exigences sur les garde-corps et filières ont pour objectif de garantir une protection continue et fiable des personnes en circulation sur le pont, quelles que soient les conditions de mer.

Sans entrer dans la lecture intégrale du texte réglementaire, il est possible d’en dégager des principes simples à appliquer lors de la conception ou de la rénovation d’un bateau. Une bonne compréhension de ces règles permet aussi d’anticiper les contrôles de sécurité, voire une visite de conformité par un organisme habilité.

Hauteur, continuité et implantation des garde-corps

Les garde-corps et filières doivent offrir une barrière physique suffisante pour empêcher une chute par-dessus bord, en particulier dans les zones de circulation usuelles. La division 240 fixe des hauteurs minimales et impose une certaine continuité, tout en prévoyant quelques tolérances selon la taille et le type de navire.

Hauteur minimale des filières selon la zone de circulation

La hauteur de protection se mesure à partir du pont ou des passavants. En pratique, plusieurs règles se dégagent de la division 240 pour les garde-corps

  • Zone de circulation principale hauteur minimale généralement d’environ 1 mètre pour un garde-corps rigide ou un ensemble filières plus chandelier
  • Zones secondaires ou ponts moins fréquentés des hauteurs légèrement inférieures peuvent être admises, mais la protection doit rester crédible en situation réelle
  • Plages arrière et zones très proches de l’eau la division 240 admet parfois une hauteur plus réduite, mais impose souvent des solutions complémentaires comme mains courantes bien positionnées ou balustrades spécifiques

Pour les filières en câble inox, cette hauteur se traduit par la combinaison chandeliers plus nombre de rangs de filières. Une configuration fréquente sur les unités professionnelles repose sur deux ou trois rangs de filières avec chandeliers d’environ 80 à 100 cm, complétés par une main courante solide sur le livet ou la superstructure.

Continuité et interstices entre les éléments

La division 240 insiste sur la continuité de la protection le long des zones de déplacement. Il ne doit pas exister d’interstice permettant le passage accidentel d’un adulte ou d’un enfant en situation normale de navigation. On veille donc à limiter

  • Les ruptures de garde-corps au niveau des haubans, balcons ou cadènes
  • Les espaces libres entre les filières supérieures et inférieures
  • Les ouvertures non protégées à l’arrière, près de la baignade ou de la trappe d’accès annexe

En pratique, on tend à garder un espacement vertical réduit entre les rangs de filières, souvent inférieur à la taille d’un pied, afin d’éviter qu’une personne ne puisse glisser au travers. Les filières doivent être correctement tendues pour conserver cette protection dans le temps, ce qui implique un contrôle régulier des ridoirs et terminaisons.

Zones particulières et adaptations possibles

Certaines zones comme les postes de manœuvre, plateformes de travail ou embarquements des passagers peuvent justifier des aménagements spécifiques. La division 240 permet parfois des adaptations, à condition de garantir un niveau de sécurité global au moins équivalent.

Exemples typiques sur un bateau professionnel

  • Zone d’embarquement passagers avec garde-corps ouvrant, mais verrouillage obligatoire en navigation
  • Accès arrière pour mise à l’eau de plongeurs, avec suppression partielle de filière compensée par échelle robuste et mains courantes généreuses
  • Poste de pêche professionnel disposant d’une découpe dans le pavois, mais équipé de barres amovibles ou chaînes sécurisées

Dans tous les cas, l’esprit de la division 240 reste que l’usager ne doit pas se retrouver sans appui ni retenue à proximité immédiate du bord.

Caractéristiques techniques des filières et chandeliers

Au-delà de la hauteur, la division 240 s’intéresse à la résistance mécanique et à la fiabilité des éléments d’accastillage qui composent un garde-corps fonctionnel. Filières, chandeliers, supports et points d’ancrage doivent être dimensionnés pour résister aux efforts en situation réelle de navigation et de choc.

Matériaux couramment admis et bonnes pratiques

La réglementation privilégie des matériaux offrant une bonne tenue dans le temps en milieu marin. Pour les filières et chandeliers, on retrouve principalement

  • Inox 316L référence en usage professionnel, résistant à la corrosion et aux efforts de traction
  • Aluminium marin renforcé, à condition de respecter des sections suffisantes et une bonne isolation galvanique
  • Barres rigides inox ou aluminium pour garde-corps continus sur vedettes passagers ou bateaux de travail

Pour les liaisons, l’usage de pièces de sertissage, ridoirs et embouts de qualité marine est crucial. Une filière conforme sur le papier peut devenir dangereuse si ses terminaisons sont sous-dimensionnées ou mal posées. Le maillon faible ne doit pas être un accessoire d’accastillage bon marché.

Résistance et tenue des ancrages

La division 240 exige que la structure puisse résister à des efforts reproduisant une personne qui tombe contre la filière ou s’y retient en urgence. Même si le texte se réfère à des valeurs d’essai spécifiques, quelques principes simples guident le choix de l’accastillage

  • Éviter les fixations uniquement vissées dans du contreplaqué ou du polyester mince sans renfort
  • Privilégier les chandeliers boulonnés avec contreplaques larges et éventuellement renforts stratifiés
  • Répartir les efforts en multipliant les points d’appui, notamment sur les longues sections de pont

Lorsque l’on remplace des chandeliers ou qu’on refait une filière, il est pertinent de vérifier le support structurel pont ou pavois. Un renfort discret sous le pont peut faire la différence lors d’un contrôle ou d’un incident réel.

Comparatif simplifié des solutions courantes

Type de protection Avantages principaux Points de vigilance
Filières en câble inox Souples, légères, adaptables à la plupart des ponts Tension régulière, contrôle de corrosion des embouts
Garde-corps tubulaire rigide Très bonne tenue mécanique, image professionnelle Poids, coût plus élevé, besoin d’un design sur mesure
Chaînes ou sangles Solution ponctuelle ou amovible, installation simple Moins adapté en usage permanent, usure et affaissement

Dispositifs complémentaires exigés ou recommandés

Les garde-corps et filières ne constituent qu’un élément du dispositif global de sécurité prévu par la division 240. D’autres éléments d’accastillage viennent compléter cette barrière extérieure et contribuent à la protection des marins comme des passagers.

Main courante et appuis intermédiaires

La réglementation insiste sur la présence de mains courantes judicieusement positionnées le long des superstructures, escaliers, descentes et zones de manœuvre. L’objectif est que l’utilisateur dispose toujours d’un appui solide à portée de main.

Points clefs à respecter

  • Continuité des mains courantes entre cockpit, passavants et zone avant
  • Diamètre adapté pour une bonne préhension, même avec gants
  • Fixations robustes, sans arêtes coupantes ou saillies agressives

Sur un navire inscrit sous la division 240, négliger les mains courantes revient à s’exposer à des remarques lors d’un contrôle, voire à un refus si l’accès à certaines zones apparaît risqué par mer formée.

Accès à la mer et sécurisation des ouvertures

Les accès à la baignade ou à l’embarquement d’annexe sont considérés comme des points sensibles. La division 240 tolère des ouvertures, mais demande qu’elles soient clairement identifiées et sécurisées en navigation.

  • Portillons équipés de verrous fiables, manipulables rapidement en cas d’urgence
  • Barres ou chaînes amovibles venant fermer une découpe arrière
  • Signalisation claire pour le public sur les bateaux à passagers

Les échelles de bain ou d’embarquement doivent également présenter une construction solide, des marches antidérapantes et une saisie aisée. L’idée générale reste de limiter tout risque de chute involontaire pendant l’usage normal de ces ouvertures.

Surface antidérapante et circulation à bord

La division 240 se soucie aussi de la sécurité de la circulation sur le pont. Même si cela dépasse la seule question des garde-corps, il est pertinent d’intégrer dans la réflexion

  • Revêtements antidérapants efficaces à proximité des bords
  • Absence de marches dissimulées ou de ressauts dangereux
  • Cheminements logiques, orientant naturellement les personnes vers les zones les plus sécurisées

Une bonne combinaison antidérapant plus garde-corps plus main courante permet d’atteindre aisément le niveau de sécurité attendu par la division 240.

Conseils pratiques pour être en conformité avec la division 240

Pour un propriétaire ou un exploitant, l’objectif est de concilier conformité réglementaire, efficacité à l’usage et maîtrise du budget. Quelques réflexes simples facilitent la mise en conformité des garde-corps et filières lors d’une nouvelle installation ou d’une refonte d’accastillage.

Évaluer l’existant et identifier les points faibles

Avant toute modification, il est utile de procéder à un état des lieux complet

  • Mesure de la hauteur réelle des filières et garde-corps au-dessus du pont
  • Vérification de la tension et de l’intégrité des câbles inox
  • Contrôle visuel des chandeliers, pieds, platines et contreplaques
  • Repérage des ouvertures non protégées ou insuffisamment sécurisées

Cette analyse permet de hiérarchiser les travaux, en commençant par les zones de passage les plus exposées et les éléments manifestement sous-dimensionnés ou corrodés.

Choisir un accastillage adapté à l’usage professionnel

Un bateau soumis à la division 240 ne doit pas être équipé comme un simple voilier de plaisance côtière. La qualité de l’accastillage et la redondance des protections prennent une importance particulière, notamment sur les bateaux à passagers.

Quelques recommandations

  • Privilégier l’inox 316L pour les filières, chandeliers et mains courantes
  • Prévoir un nombre suffisant de chandeliers pour limiter la portée entre deux appuis
  • Opter pour des ridoirs permettant un réglage fin de la tension des filières
  • Documenter les références des pièces posées pour faciliter les inspections et remplacements

Entretenir et contrôler régulièrement les garde-corps

La conformité n’est pas acquise une fois pour toutes. Sous l’effet du sel, des UV et des chocs répétés, les filières et leurs accessoires évoluent. Un programme d’entretien régulier permet de conserver les performances attendues par la division 240.

  • Inspection visuelle saisonnière des sertissages, ridoirs et points d’ancrage
  • Nettoyage de l’inox pour limiter la corrosion et les piqûres
  • Remplacement préventif des pièces douteuses ou déformées
  • Mise à jour éventuelle du plan de sécurité et des documents de bord

En adoptant cette approche, l’exploitant se met en position favorable lors des visites de contrôle, tout en renforçant réellement la sécurité des personnes embarquées.